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claire bodinDepuis plus de vingt ans, Claire Bodin se consacre à la désinvisibilisation des compositrices : site, « base de données », festival, label discographique permettent peu à peu de lever le voile sur des créatrices trop souvent effacées. La PMI a reçu cette musicienne qui a choisi de se mettre au service de ses consœurs avec un engagement sans faille.

Après des débuts au piano au conservatoire d’Angers, Claire Bodin finit par préférer le clavecin. Deux premiers prix du CNSM de Paris (clavecin et basse continue) plus loin, elle suit l’enseignement de Jos Van Immerseel et complète son bagage d’un cursus de chant et d’un Master d’histoire de la musique. Durant ses études, avoue-t-elle, aucune compositrice n’a croisé son chemin. Son appréhension de ce pan entier de l’histoire de la musique qui lui demeure inconnu – et qui l’est alors aussi, en France du moins, pour beaucoup d’interprètes – se fait en plusieurs temps. Concilier vie de musicienne et vie de famille représente une première « prise de conscience de vie », pourrait-on dire. La découverte d’Élisabeth Jacquet de la Guerre fait figure de deuxième détonateur : toutes ces femmes dont elle n’a jusque-là jamais entendu parler existent bel et bien : c’est une « conscientisation de répertoire ». Ce répertoire, on ne le joue pas : la dernière étape, non la moindre par ce qu’elle nécessite – entre autres – d’énergie, est celle des actions à mener !

banniere new deal 2025

La Presse musicale internationale sera présente aux journées « New Deal » organisées par la FEVIS du lundi 24 au marcredi 26 novembre 2025 à la Philharmonie de Paris. Au cœur de cet espace de rencontres, d’échanges et de réflexion autour des grands enjeux du secteur des musiques de patrimoine, de création, de jazz et improvisées, les journalistes de la PMi proposeront notamment des « speed-meetings », l'occasion de réfléchir sur les relations entre les ensembles porteurs de projets et la presse.

 

 

Aurélien GignouxFormé au Conservatoire de Toulouse de l’école primaire jusqu’à la terminale, il y étudie les percussions tout en poursuivant le piano en second instrument. La batterie, qu’il pratique parallèlement, joue également un rôle essentiel dans sa construction musicale : elle lui apprend la pulsation, la précision et la physicalité du rythme — des qualités qu’il juge déterminantes pour sa carrière. Après une rencontre décisive avec Éric Sammut, il rejoint le CRR de Paris, où il approfondit le vibraphone et le marimba, avant d’intégrer en 2016 le CNSMD de Paris.

Curieux et polyvalent, Aurélien explore très tôt d’autres univers : improvisation sur les modes de la musique indienne, travail sur la polyphonie vocale, ouverture à la composition et à l’arrangement (notamment une version personnelle de Ma mère l’Oye de Ravel, basée sur la version pour deux pianos).

herve lacombeEn cette année du cent-cinquantenaire de la mort de Bizet – et de la création de Carmen – la Presse musicale internationale reçoit le musicologue Hervé Lacombe, récent auteur de Carmen à sa création, une Andalousie âpre et fauve chez Actes Sud.

Hervé Lacombe, nous raconte à bâtons rompus comment a commencé sa longue relation avec Bizet. Alors qu’il était à la recherche d’un sujet de thèse, il se rend  compte qu’aucun travail de fond n’avait encore été réalisé sur le compositeur, ce qui le pousse à orienter ses recherches dans cette direction. Il a ainsi centré sa thèse autour des Pêcheurs de perles, une œuvre souvent reléguée au second plan, dans l’ombre de Carmen, mais qui recèle pourtant une richesse musicale et dramatique certaine.

Une autre étape marquante dans son parcours est sa rencontre avec Régine Théodoresco, qui lui fait découvrir l’univers musical de Francis Poulenc. Cette révélation a été à l’origine d’un véritable attachement à ce compositeur, qu’il a approfondi tout au long de sa carrière.

Alexandre Dratwicki et Jérémie Bigorie
Pour son dernier apéritif de la saison en la Bibliothèque La Grange Fleuret, la PMi reçoit justement un habitué des bibliothèques, dont les doigts de sourcier n’ont de cesse de compulser des partitions méconnues du XIXe et du début du XXe siècles : Alexandre Dratwicki n’a pourtant rien d’un « rat de bibliothèque » avec ce que cette expression charrie de dépréciatif et de sinistre. Il n’est que de l’entendre s’exprimer – dans une langue dont le français savoureux n’a d’égal que l’enthousiasme communicatif – pour se convaincre que Nicole Bru, présidente du Palazetto Bru Zane, a su s’entourer de la personne idoine pour valoriser notre patrimoine musical.